APPRIVOISONS LA LUMIÈRE DU SOLEIL

Dates: du 14 Mai 2015 au 17 Mai 2015

Organisateur: ASSOCIATION ASTRONOMIQUE AIXOISE M 82

Partenaires:  CLEA (Comité de Liaisons Enseignants-Astronomes, la MAIRIE d'Aix-en-Othe et l'ARPA (Animation et Recherches en Pays Aixois)

Thème:  astronomie

Lieu / Adresse:  20 rue Renaudot 10 160 , Aix-en-Othe

Avant de décrire le projet, j’aimerais vous dire en quelques lignes l’histoire de notre association M 82.
Tout ce que nous savons en astronomie est dû au CLEA (Comité de Liaison Enseignants-Astronomes) que j’ai eu la chance de rencontrer à ses débuts en 1977.
Par hasard je me suis inscrit à la première école d’été du CLEA (les suivantes se sont appelées Universités d’été) à Lanslebourg.
Le niveau était tellement élevé que je n’y ai pas compris grand chose, mais j’y ai pris le virus de l’enseignement de l’astronomie si bien que j’y suis retourné pendant une quinzaine d’années. Et, très vite, j’ai fait partie de l’équipe d’encadrement.
Quelques années après, j’ai incité Alain Villetorte, l’intendant du collège d’Aix-en-Othe à s’inscrire aussi à une Université du CLEA et en rentrant, nous avons lancé avec quelques ami(e)s l’association astronomique M 82.
Le sigle était choisi pour rappeler la date de création et pour faire référence à la galaxie explosive qui porte le numéro 82 dans le catalogue de Charles Messier.
Très vite, j’ai eu l’occasion d’exprimer les résultats des universités d’été dans le cadre de l’éducation nationale et dans le cadre associatif.
Pour l’Education Nationale, j’ai encadré des stages de recyclage de mes collègues profs de physique dans le cadre de la MAFPEN et j’ai donné des cours d’astronomie publics dans le cadre de l’IUTL (Institut Universitaire du Temps Libre) à l’IUT de Troyes. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai recruté des membres très actifs à l’association M 82 (ils venaient suivre des cours théoriques à l’IUT et pratiquer l’astronomie active à M 82).
Nous avons aussi participé aux premières opérations « Science en Fête », ce qui nous a valu de gagner un télescope Célestron. Mais quelques années plus tard, la politique des dirigeants des Sciences en Fête avait changé : il ne suffisait plus de pratiquer l’astronomie et l’enseignement d’icelle, il fallait aussi remplir une montagne de dossiers comme si nous avions derrière nous un secrétariat d’Université.
Nous nous sommes alors recentrés vers des opérations plus locales si j’ose dire.
Par exemple nous avons organisé un PAE (projet d’action éducative) au collège d’Aix à l’occasion du passage de Vénus devant le Soleil (appelé aussi « Transit de Vénus » le 8 Juin 2004).
Nous avons aussi participé à des IDD qui nous ont permis de construire avec des profs de différentes disciplines un cadran solaire original au collège d’Aix. Sa réalisation a demandé 3 ans au lieu de la seule année prévue, mais c’est un outil pédagogique très performant. C’est une copie réduite du globe terrestre en résine de canoë pour résister aux intempéries. En l’orientant comme la planète Terre, on y voit facilement où sont le jour et la nuit sur la Terre et même le point du Globe qui a le Soleil au zénith, ce qui permet de trouver facilement l’heure solaire d’Aix et la date.
Avec la Municipalité d’Aix et l’IUTL, nous avons organisé un voyage sur le thème de l’astronomie à Neresheim (petite ville allemande jumelée avec Aix) et aux alentours. En effet, Neresheim est à 10 km au Sud-Ouest d’un grand cratère météoritique (23 km sur 25 km) appelé le Ries. Evidemment, nous sommes allés dans la ville de Nördlingen qui se trouve au centre du cratère. Nous en avons ramené un bloc de roche de 2,5 kg appelé suévite (certifié authentique par le musée de la météorite).
Nous avons aussi tracé les plans d’un grand cadran solaire fleuri pour le jardin de la Mairie d’Aix qui a financé sa réalisation et qui entretient toujours les plates-bandes fleuries qui marquent le changement de saisons. J’ai tracé ces plates-bandes en imaginant que la pointe du style du cadran était le centre du Monde et en y faisant tourner astucieusement un stylo laser qui indique où il faut planter les fleurs.
J’ai certainement oublié une partie des activités de notre association, mais il faut que j’arrive enfin au sujet d’aujourd’hui : la manifestation du 14 au 17 mai que nous avons appelée : »Apprivoisons la lumière du Soleil ».

Elle succède à la grande fête que nous avons organisée autour de ce cadran pour l’éclipse du Printemps (en effet, les éclipses solaires ont forcément lieu à la nouvelle Lune, mais il est rare qu’elles se produisent à l’équinoxe alors il fallaït fêter le Printemps).
Malgré les directives timorées de l’administration de l’EN qui a fait enfermer les « gamins » dans certaines classes au moment de l’éclipse, nous avons invité toutes les classes de l’école primaire autour du cadran du jardin de l’Hôtel de Ville. Pour préparer cette opération, j’avais donné à chaque enseignant(e) un dossier expliquant les règles de sécurité. Sur les 10 classes, seules 2 ne sont pas venues (l’une parce que l’enseignante a eu peur de l’IA, l’autre parce que ce sont les enfants eux mêmes qui étaient malades parce qu’ils avaient peur).
Même si le ciel était maussade, nous avions assez de photos de l’éclipse totale de 99 que nous étions allés voir en Normandie et le cadran nous permettait de travailler sur le thème du Printemps.
Alors non seulement, les enfants étaient heureux, mais ils ont appris beaucoup de choses. A tel point que nous avons eu droit aux félicitations du directeur de l’Ecole et de deux astronomes professionnelles du CLEA à qui j’avais rendu compte de notre action.
C’est peu après l’éclipse que j’ai eu connaissance de la décision de l’ONU relative à la lumière et aux techniques utilisant la lumière.

Naturellement, j’ai immédiatement proposé aux membres de M 82 que nous nous lancions dans une action de type science en fête à cette occasion et ils sont prêts à me suivre.
Pour avoir du public, nous avons choisi de faire cette manifestation pendant 4 jours, en même temps que la grande exposition de tableaux présentée par l’ARPA (Animations et Recherches en Pays Aixois).
Ils présenteront leur expo dans la plus grande salle de la mairie et nous nous utilisons tout le reste (petite salle, grande cour et jardin compris).

Voici le fil d’Ariane de notre manifestation :

Cela commence par la présentation du bloc de suévite que nous avons rapporté d’Allemagne. Dans ce cas, nous n’avons rien apprivoisé du tout, mais c’est juste pour montrer que ce qui tombe du ciel ne s’apprivoise pas forcément aussi facilement que la lumière du Soleil.
Ce bloc de suévite sera accompagné de 2 grandes photos, l’une du clocher appelé le Daniel situé au centre du cratère et l’autre prise du haut du clocher d’où l’on voit les falaises au loin. Bien sûr il y aura des explications et des comparaisons avec les météorites tombées beaucoup plus récemment dans notre région.
L’astronome américain Shoemaker a démontré en 1960 que ce cratère n’était pas d’origine volcanique comme on le croyait jusqu’alors (les roches y sont trop dures), mais qu’il avait été creusé par un bolide tombé il y a 15 millions d’années.
La violence du choc fut équivalente à 1,8 millions de fois la bombe d’Hiroshima. Tout a été pulvérisé et la suévite n’est pas un morceau de météorite, mais une roche nouvelle qui s’est formée pendant le choc.
Si on compare ce choc avec les méteorites de notre région, cela n’a rien à voir. Il est tombé en 1865 une météorite qui s’est fracturée au-dessus de St Aubin près de Nogent-sur-Seine. Et surtout en 1815 à Chassigny près de Langres est tombée une météorite dont on a compris en 1983 qu’elle provenait de la planète Mars (c’est une éclaboussure provenant d’un gros astéroïde qui a percuté Mars il y a environ 20 millions d’années).

– dans la petite salle, nous présentons une expo de 3 sortes de photos accompagnées d’explications sur les différents thèmes :
° sur le premier murdes photos d’éclipses de Soleil et de Lune accompagnées d’une maquette Terre-Lune-Soleil (la Terre sera représentée par une boule de 10 cm de diamètre, la Lune par une boule de 3 cm à 3 m et le Soleil serait situé à 1,5 km et il pourra contenir 2 buts de foot…
Avec ces éclipses, nous présentons une simili éclipse par Vénus. Vénus est si loin qu’elle n’est vue à contre-jour que sous l’aspect d’un point noir sur fond de Soleil.
Mais historiquement, le transit de Vénus nous conduit à deux expériences importantes ayant trait aux déterminations de parallaxes:
-°- d’une part celle que Daniel Robbe, un membre éminent de M 82, a faite le 5 nov 90 quand il a vu depuis Troyes une étoile filante très brillante que sa fille a vu aussi à la même heure au raz des montagnes à Béziers. Le dessin qu’il a fait des lignes de visées qui se croisent sur l’étoile filante permet de déterminer son altitude : elle était entre 90 et 100 km, ce qui est conforme à ce qu’en disent les astronomes professionnels.
-°- d’autre part les transits de Vénus qui avaient été prévus par E. Halley en 1761 et 1769 (il savait qu’il serait mort à cette époque) devait permettre de mesurer les distances Terre-Vénus et Terre-Soleil. Pour cela, il fallait les observer avec précision depuis de nombreux points sur la Terre.
L’histoire la plus extraordinaire est celle de l’astronome Guillaume Le Gentil de la Galaisière. Il est parti pour Pondichéry en caravelle. Le voyage a duré plus de 2 ans car le canal de Suez n’était pas encore creusé et il a dû contourner l’Afrique. Mais en arrivant au large de l’Inde, il a été attaqué par des pirates qui l’ont retardé. Les mesures qu’il a faites depuis le pont du bateau n’étaient pas exploitables car le tangage les rendait imprécises. Qu’à cela ne tienne, il savait qu’il y avait un autre transit visible depuis Pondichéry 8 ans plus tard. Alors il a attendu, mais en vain … car il y a eu des nuages ce jour là !
Le passage suivant étant prévu pour plus d’un siècle plus tard, il a décidé de rentrer. Mais plus personne ne l’attendait, ses héritiers s’étaient déjà partagés ses biens.
Pourtant, il a ramené dans ses soutes quelque chose qui fait que vous pensez peut-être encore à lui : ce sont des graines de rosier d’Inde qu’il a offertes à Reine Hortense Lepeaute, une astronome qui calculait, avec Alexis Clairaut, la date du retour de la comète de Halley. La similitude des noms vous rappelle les Hortensias…

° sur le deuxième mur, nous présenterons des photos de phénomènes lumineux. Cela ira depuis les étoiles filantes jusqu’aux comètes (Daniel Robbe avait eu la chance de voir celle de 1933 quand il avait 7 ans). La photo que nous avons est une photo d’époque, mais ce n’est pas lui qui l’a prise !). Par exemple j’ai fait une photo originale de la comète Hyakutake avec une petite monture équatoriale. En déplaçant la monture dans mon jardin, j’ai l’ai cadrée de telle sorte qu’on a l’impression que la queue de la comète est la fumée qui sort de la cheminée.

° sur le troisième mur, nous présenterons des photos originales de cadrans solaires : cela ira du globe terrestre du collège d’Aix au cadran fleuri du jardin en passant par le cadran de Sofia Antipolis. C’est le cadran qui a gagné le premier prix du concours de l’Ecole des Mines en 1981. Jusqu’au mois dernier, c’est le seul que je connaissais capable d’écrire en lettres de lumière les mots « Equinoxe » ou « Solstice ». Nous l’avions vu avec mon fils en rentrant d’une école d’été à Grasse quand il était adolescent.
J’étais alors loin d’imaginer qu’une trentaine d’années plus tard, il nous offrirait à mon épouse et à moi un petit « bijou » qui a les mêmes propriétés que le grand cadran de Sofia. Et en plus, les jours de nos anniversaires, il peut écrire nos initiales en lettres de lumière. C’est bien la preuve qu’il l’a conçu lui-même (à l’aide de 3 logiciels qu’il a combinés pour piloter une imprimante 3D).
Pour valoriser ce « bijou » et le rendre apte à écrire toute l’année, je l’ai fixé de façon amovible sur une petite monture azimutale. Cela me permettra de l’emmener 15 jours plus tard au Salon des jeux mathématiques de la place St Sulpice à Paris.

° sur le quatrième mur, un projecteur vidéo projettera nos photos et films astronomiques.

-Ensuite, en sortant dans la cour, de multiples appareils classiques d’observation présenterons Soleil (sténopés, et télescopes divers). Ils seront commandés par des membres de M 82 qui insisteront sur les règles de sécurité.

-Pour terminer, dans le jardin nous montrerons comment nous avons tracé les plates-bandes du cadran avec un stylo-laser mobile. Nous pourrons aussi flâner sur l’allée dallée qui n’est autre que le méridien d’Aix-en-Othe. Ce sera l’occasion de remarquer que les méridiens n’existent pas qu’à Paris ou Greenwich : il y en a partout.
Nous en profiterons pour répondre à quelques questions-pièges du genre :
-°- quelle est la direction du Soleil levant ?
-°- quelle est la différence entre l’étoile polaire et l’étoile du berger ?
-°- à midi le Soleil est-il au zénith ?

Ces trois photos représentent le grand cadran que nous avons  construit dans le jardin de la Mairie d’Aix.
Ce ne sont pas les lignes horaires sur la table qui nous intéressent  ici, mais l’extrémité de l’ombre de la lettre « A » dans le jardin.  Elle indique les changements de saison en fonction de la plate-bande  qu’elle atteint tout au long de la journée.
Au solstice d’hiver elle s’arrête sur l’hyperbole de buis.
Au solstice d »été, elle s’arrête sur l’hyperbole fleurie la plus  proche,
et aux équinoxes, elle parcourt  la droite qui est perpendiculaire à  la ligne Sud-Nord (ou méridien d’Aix-en-Othe).

20140926_automne ete mairie3 mairie 08neig

Share Button

Email de contact:  dtoussaint.clea@wanadoo.fr

Téléphone:  03 25 46 71 57

Evènement mis en ligne par:  TOUSSAINT